La manière dont notre société définit et considère la vieillesse a connu de profondes mutations. La notion de la retraite comme spécifique émerge au cours du 20e siècle en parallèle au développement de la prévoyance vieillesse.
La manière dont notre société définit et considère la vieillesse a connu de profondes mutations. La notion de la retraite comme spécifique émerge au cours du 20e siècle en parallèle au développement de la prévoyance vieillesse.
Depuis 1877, les travailleuses et les travailleurs ont droit à une indemnité en cas de maladies et d’accidents professionnels. Avant l’introduction de l’assurance-accidents obligatoire, c’est au salarié qu’il incombait de faire valoir ce droit. Si le droit à l’indemnité devient automatique avec la création de la SUVA en 1918, celle-ci applique ce principe de façon restrictive durant l’Entre-deux-guerres.
Le handicap a toujours fait partie de l'histoire des sociétés humaines. Pourtant, jusque tard durant le XXe siècle, les personnes privées de ressources en raison d’un handicap dépendaient de l’aide sociale. Il a ainsi fallu attendre la mise en place des assurances sociales, et en particulier de l’assurance-invalidité (AI) en 1960, pour que leur situation s’améliore de façon significative. Toutefois, les assurances sociales réduisent la condition de la personnes avec handicaps à l’incapacité de gain, faisant oublier ses besoins sociaux et culturels. C’est à cette lacune que la politique de l’intégration et de l’égalité, actuellement pratiquée, entend remédier.
L’Etat social suisse se préoccupe des pères, des mères et des enfants à différents niveaux. Les lois sur les fabriques prévoyaient des dispositions particulières pour les mères et les enfants, signe que la protection de la famille s’appuyait sur la conception traditionnelle de la famille. Au cours des dernières décennies, le développement des structures d’accueil collectif et l’instauration d’une allocation de maternité ont renforcé les moyens de concilier vie familiale et vie professionnelle.
Au cours de l’histoire de l’État social, des groupes de personnes très différents sont qualifiés de pauvres, selon la perception de la pauvreté par la société. Durant toutes les époques, la pauvreté est néanmoins considérée comme une question morale. Les sociétés modernes opèrent fréquemment une distinction entre deux catégories de pauvres : ceux qui le sont malgré eux parce que le sort ne les a pas épargnés, et ceux qui sont en partie, voire entièrement responsables de leurs difficultés.
Au XXe siècle, l’Etat social n’offre, selon leur autorisation de séjour, qu’une protection limitée aux personnes étrangères qui immigrent en Suisse. Les travailleurs saisonniers, en particulier, sont dans une large mesure exclus des prestations sociales. Après la Seconde Guerre mondiale, des conventions bilatérales de sécurité sociale améliorent progressivement la situation des étrangers. Une égalité de traitement ne sera toutefois pas obtenue avant l’abolition du statut de saisonnier en 2002.
Dans le système social suisse, les indépendants ont un statut particulier. En effet, la plupart des assurances sociales mettent l’accent sur la protection des salariés. Aujourd’hui encore, les travailleurs indépendants ne bénéficient souvent que d’une couverture partielle, voire insuffisante.